Votre grand-mère collectionnait les timbres, votre père les pin's, vous allez craquer pour les toys. Si ces «jouets pour adultes» n'ont absolument rien de sexuel, ils excitent violement l'appétit des branchés depuis un petit moment. Historique d'un mouvement qui dépasse les frontières de l'underground.
«Les toys sont nés en Asie. En 1998, le designer hongkongais Michael Lau et le japonais Bounty Hunter ont simultanément créer des petits personnages qui n'étaient censés être que des goodies promotionnels pour leurs amis musiciens punk.» assure Michael Rouah, le jeune patron de Artoyz, la galerie/shop pionnière en France qui fête sa cinquième année d'activité. C'est en 2003 que ces personnages au design régressif et aux couleurs acidulées débarquent dans nos contrées lors que le concept-store Colette lance la tendance en organisant une expo de Michael Lau. Les trend-setters adorent, la tendance est lancée.
Surfant sur la vague de «l'adulescence», les produits s'écoulent comme des petits pains et touche un public relativement large : «Notre clientèle a entre 20 et 40 ans et se trouve être plutôt mixte. Il y a près de 5.000 collectionneurs vraiment actifs qui viennent de toute la France. Ce n'est pas un phénomène parisianiste. Il y a des expos à Lyon, Lille, Strasbourg...» confie Olivier Regnault, boss de Designertoyz.com. Contrairement aux fans de Star Wars qui collectionnent les figurines de leurs héros préférés, les accros du toys ne sont pas des geeks. «Ils sont branchés et très portés sur l'univers du graffiti et de l'art contemporain.» commente Michael Rouah.
Ces objets ludiques sont souvent produits en série limitée. Elevés au rang d'œuvres d'art par de nombreux maîtres priseurs, les toys s'arrache à prix d'or dans des salles de ventes aussi prestigieuse que Christie's : «Il y a une vraie spéculation autour de ces objets !» lâche Olivier Regnault. «Certains jouets de Bounty Hunter commercialisés 70 euros lors de leur sortie se retrouvent vendus aux enchères jusqu'à 12 000 euros.» ajoute Michael Rouah.
Et l'avenir des toys en France s'annonce radieux. De simple distributeur, Artoyz passe à la production de ses propres lignes de jouets. Une première série «Elements» est sortie le 26 juin dernier. Les autres acteurs hexagonaux comptent eux aussi passer à la création dans les mois à venir. Quant aux designer français, ils n'ont pas de complexes à avoir vis à vis de leurs homologues asiatiques : Le lillois Rolito s'exporte au Japon, le graffeur Mist a une super cote à l'étranger. La «french toys» est née. Vive la France!